Championnats du monde à Sierra Nevada en Espagne

Une fin de saison prometteuse pour les Jeux Olympiques 2018

La saison 2016-2017 a pris fin il y a quelques semaines déjà et malgré tous les défis que j’ai eu à relever, je suis très fier de dire que j’ai connu mes meilleurs résultats en carrière.

Coupe du monde de Kayseri en Turquie
État de la piste à Kayseri

Conditions difficiles en Turquie

Avant de participer à mes premiers Championnats du monde en carrière, je me suis dirigé vers Kayseri en Turquie, où je prenais part à la Coupe du monde en slalom géant parallèle (PGS) le 5 mars dernier. Il a plu pendant plusieurs jours et l’eau s’était accumulée au bas de la piste le jour de la course. À Kayseri, la piste est formée d’une grosse pente au début et d’une surface plate à la fin, ce qui fait en sorte que le bas de la piste se remplit d’eau lorsqu’il pleut. J’ai connu une super bonne première descente, mais j’ai été ralenti au bas de la piste en raison de la pluie. Quand il y a une accumulation d’eau sur une piste, le cirage de notre planche est extrêmement important : si on fait une erreur, la planche colle sur la neige et cela ralentit notre course. L’équipe canadienne étant probablement la seule à ne pas avoir de farteur (personne responsable du cirage des planches), j’ai dû m’occuper de cirer ma planche moi-même avant la compétition et j’ai fait une erreur. C’est très dommage parce que j’ai perdu énormément de secondes au bas de la piste. Les Coréens et les Français ont d’ailleurs eu le même problème que moi. Pour éviter que cela ne se reproduise à ma deuxième descente, nous avons pris une brosse très rigide en métal et nous avons arraché toute la cire sur ma planche. Cette descente s’est super bien déroulée et j’ai réussi à remonter jusqu’en 25e position malgré les conditions. Nous avons également entendu des rumeurs disant que les eaux usées de Kayseri avaient été utilisées pour fabriquer la neige. Cette dernière n’était pas très blanche comme en témoigne la photo ci-contre.

L’ambiance était aussi assez spéciale en raison des tensions politiques qui ont lieu en Turquie depuis les attentats terroristes survenus l’année dernière à l’aéroport d’Istanbul. Nous avons été escortés par la police et nous avons reçu un courriel pour nous aviser qu’il y aurait des tireurs d’élite dans les bois pour assurer la sécurité des athlètes pendant la compétition. Malgré tout, nous avons pu visiter un peu la Turquie. En effet, une journée supplémentaire avait été prévue au cas où il y aurait des mauvaises conditions et elle n’a finalement pas été nécessaire. Nous en avons donc profité pour aller voir le Parc national de Göreme, qui est inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Tout était payé par l’organisation : nos déplacements se faisaient en autobus, nous avions un guide et notre repas était fourni. J’ai trouvé cela vraiment plaisant puisqu’il est plutôt rare que nous ayons le temps de faire du tourisme lorsque nous voyageons pour nos compétitions.

 

Championnats du monde à Sierra Nevada en Espagne
Championnats du monde à Sierra Nevada en Espagne

Première participation aux Championnats du monde

Les 15 et 16 mars se tenaient les Championnats du monde à Sierra Nevada en Espagne. Il s’agissait de ma première participation aux Championnats du monde et c’était également la première fois que mes parents venaient me voir compétitionner à l’extérieur du Canada. La première course prévue était un slalom parallèle géant, mais les vents étaient si forts qu’elle a été reportée deux jours plus tard. Les bourrasques de vent allaient jusqu’à 200 km/h en haut de la piste et puisque Sierra Nevada est située tout juste à côté de l’Afrique, il y avait du sable partout. La neige mélangée avec le sable agissait comme du papier sablé sur nos planches.

Le lendemain, j’ai probablement connu l’une de mes meilleures descentes de la saison en slalom parallèle (PSL) alors que j’ai terminé au 7e rang dans mon parcours. J’étais très bien placé pour participer à la finale, mais ma deuxième descente ne s’est pas bien déroulée et j’ai glissé jusqu’au 24e rang. Les conditions n’étaient toujours pas très optimales cette journée-là et ce, même si le vent était moins fort. La neige n’était pas dure et il y avait encore beaucoup de sable. Toutefois, c’était la même situation pour tout le monde donc aucun athlète n’était désavantagé plus qu’un autre par la température et par l’état de la piste.

Le jour suivant, nous reprenions la compétition en slalom parallèle géant et tout se passait à merveille pour moi. J’avais une avance d’à peu près un virage sur la personne avec qui je me qualifiais. Par contre, à cinq virages de la fin, j’y suis allé un peu trop direct et j’ai chuté, ce qui a permis à mon concurrent de me dépasser et de terminer au 9e rang. J’ai donc conclu mes premiers Championnats du monde avec une 24e position en PSL et une 41e position en PGS.

 

Coupe du monde de Winterberg en Allemagne

Deux jours après les Championnats du monde, je me suis rendu en Allemagne pour participer à la Coupe du monde de Winterberg en slalom parallèle. Il pleuvait intensément là-bas et comme je n’ai pas beaucoup de points FIS, j’étais parmi les derniers à faire ma descente. Les conditions s’étaient détériorées rapidement puisque plusieurs coureurs étaient passés avant moi : la piste était remplie de bosses. Avec ma blessure à l’épaule, c’était dangereux pour moi et je n’ai pas été capable de faire quoi que ce soit lors de cette course. J’ai ainsi terminé la compétition au 44e rang.

 

Un podium à la Coupe Nor-Am aux États-Unis

Coupe Nor-Am à Copper Mountain Resort aux États-Unis
Troisième position à la Coupe Nor-Am de Copper Mountain Resort

À la suite de mon voyage en Allemagne, je suis retourné en Amérique du Nord pour prendre part à la Coupe Nor-Am de Copper Mountain Resort aux États-Unis. La première journée était prévue pour la compétition de slalom parallèle géant et au terme de ma course, je m’étais qualifié pour passer en grande finale (première et deuxième place). Toutefois, le Canadien Richard Evanoff, contre qui j’avais compétitionné en demi-finale, a déposé un protêt pour interférence : il disait que j’étais entré dans son parcours lors de ma descente. Malheureusement, il a gagné son appel et j’ai dû courser pour la troisième position. Malgré cette déception, je suis parvenu à monter sur la troisième marche du podium.

Le jour suivant, il y avait une grosse tempête de neige et les parcours se sont rapidement détériorés. Nous avons donc fait une descente d’élimination plutôt que de faire les deux parcours et le parcours bleu était nettement plus rapide que le rouge. Comme je m’étais qualifié premier en slalom parallèle, j’ai eu la chance de choisir le parcours que je voulais. J’ai donc décidé de faire ma descente sur le parcours bleu en huitième de finale. Je compétitionnais contre le coureur qui s’était qualifié en 16e position et malgré avoir chuté pendant ma descente, je suis parvenu à gagner la course. Rendu en quart de finale, j’étais hésitant à retourner sur le parcours bleu en raison de ma chute. J’ai donc pris une chance et j’ai choisi le parcours rouge, qui était moins rapide. Cela s’est avéré être une mauvaise décision stratégique puisque j’ai perdu par 0.02 secondes et j’ai obtenu la cinquième place.

 

Coupe Nor-Am à Mont-Tremblant
Première journée de compétition à Mont-Tremblant

Une place parmi le Top 40 points FIS au monde

Pour clore la saison 2016-2017, je suis revenu au Québec pour prendre part à la Coupe Nor-Am de Mont-Tremblant. Au début de la première journée, j’ai tenté de convaincre les organisateurs d’annuler ou, du moins, de reporter la compétition de slalom parallèle, mais en vain. Il y avait des gros blocs de glace et beaucoup de neige molle sur la piste. Généralement, nous avons environ 30 minutes pour faire l’inspection du parcours. Cette fois-ci, ils nous ont donné trois heures afin qu’on puisse atteindre le fond, qui contenait de la neige plus dure, pour que la course ait lieu. Beaucoup de coureurs ont décidé de ne pas faire la deuxième descente de qualification parce qu’ils trouvaient cela trop dangereux. De mon côté, j’étais au deuxième rang après ma première descente et cela se passait super bien pendant ma deuxième descente jusqu’au moment où je suis allé un peu trop large dans ma trajectoire. Le devant de ma planche s’est alors coincé dans la neige lourde, qu’on avait déplacé lors de l’inspection et qui était remplie d’eau en raison de la pluie, et ma planche a cassé. Quand je suis tombé, je ne comprenais pas trop pourquoi, mais au moment de me relever j’ai tout compris en voyant ma planche en deux morceaux. J’ai ainsi descendu la piste avec le devant de ma planche dans les mains en riant. Il n’y avait plus rien à faire pour moi, j’ai été disqualifié automatiquement.

Première place à la Coupe Nor-Am de Mont-Tremblant
Première place à la Coupe Nor-Am de Mont-Tremblant

Le lendemain devait se tenir la compétition de slalom parallèle géant et les conditions n’étaient pas beaucoup mieux. Tout le monde est monté en haut de la montagne pour voir l’état des pistes et la compétition a finalement été reportée une journée plus tard. Ils ont toutefois été forcés de changer l’homologation de la course puisqu’il y avait des Américains qui ne pouvaient pas participer à la compétition en raison de leur vol qui était prévu cette journée-là. La compétition de slalom parallèle géant a donc été classé Championnat National plutôt que Coupe Nor-Am. De tous les coureurs présents, c’est moi qui avait le chemin le plus difficile pour me rendre en grande finale. J’ai réussi à sortir deux excellents coureurs en huitième de finale et en demi-finale, soit un Japonais et un Coréen. J’ai probablement connu ma meilleure compétition de l’année et je suis parvenu à monter sur la plus haute marche du podium, devant Jasey-Jay Anderson.

Grâce à cette course et à la première place que j’ai remporté à la Coupe Nor-Am à Québec en janvier, j’ai réussi à entrer dans le Top 40 points FIS au monde pour la première fois de ma carrière. Je suis présentement classé 37e avec 250 points FIS, ce qui me donne la chance de représenter le Canada en Coupe du Monde la saison prochaine. Le fait d’être bien classé me permettra également de partir plus tôt lors des prochaines Coupes du monde puisque l’ordre de départ est basé sur le nombre de points FIS. Les parcours seront ainsi moins détériorés qu’auparavant lorsque ce sera mon tour de faire une descente et que les conditions seront difficiles.

Je remercie d’ailleurs tous mes commanditaires et toutes les personnes qui ont cru en moi cette saison et qui m’ont permis de poursuivre ma carrière malgré la perte de mon financement.

 

Retour sur mon opération

Après les deux journées de compétition à Mont-Tremblant, j’ai eu environ une vingtaine de jours pour me préparer pour mon opération, qui était prévue le 26 avril. Mon physiothérapeute m’a donné des exercices à effectuer afin de m’assurer que mon épaule soit prête pour l’opération. Chaque jour, j’ai fait ces exercices pour renforcir mon épaule droite, qui n’avait pas forcé autant que mon épaule gauche depuis ma blessure en janvier dernier.

Au départ, il était prévu que j’aie un bankart arthroscopique, mais mon physiothérapeute n’était pas certain qu’il s’agissait de la meilleure option pour moi. Il m’a alors référé au Dr Frédéric Balg, qui est l’un des seuls orthothérapeutes au Québec à utiliser la technique chirurgicale appelée « Latarjet ». Cette opération est encore très peu connue, mais présente un taux de récidive moins élevé et une récupération plus rapide que le bankart arthroscopique. En effet, le temps de récupération du Latarjet est de trois mois alors que le bankart nécessite six mois de rétablissement.

À moins d’un an des Jeux Olympiques à Pyeongchang, je me devais d’être de retour sur pied le plus rapidement possible. Le Latarjet était donc la solution idéale pour moi et cela a été un succès. J’étais endormi tout au long de l’opération et lorsque je me suis réveillé, je n’ai pas vraiment ressenti de douleur. Ce qui a fait le plus mal ce sont les broches qu’ils ont mises après l’opération.

Maintenant que l’opération est chose du passé, je me concentre sur ma réhabilitation afin de revenir en force vers la mi-juillet. Malheureusement, je ne pourrai pas participer au camp de préparation prévu au mois de juin au Mont Hood, mais si tout se passe bien je pourrai me rendre à celui du Chili, qui a lieu du 15 août au 3 septembre.