Une réhabilitation forcée et un retour aux sources

Mon année 2020 s’entame très rapidement. Je sens qu’un léger retard résulte d’un mélange de blessures, d’entraînements manqués et de nombreuses Coupes du Monde rapprochées. En revanche, je suis plus que décidé à donner tout ce qu’il faut pour retrouver mon rythme. Sans aucun doute, l’hiver sera très chargé !    

Sébastien Beaulieu

Récapitulatif 2019 : la Russie 

Plutôt satisfait de mon passage à Bannoye en Russie, j’ai fini au 21e rang pour le Parallel Giant Slalom (PGS). En ce qui concerne ma première descente, j’ai manqué le départ et frappé la porte. Ça m’a fait perdre beaucoup d’impulsion sur le moment et un temps assez précieux. Somme toute, ma performance en tant que telle m’a bien positionné et j’ai pu atteindre la 10e place de mon parcours. Toutefois, j’ai rencontré plus de mécontentement lors de la 2e descente. Je figure donc 21e pour cette épreuve. 

Sébastien Beaulieu en Russie

Connaissant ma tendance à amorcer la saison plus lentement et à la finir en force, je me révèle assez à l’aise avec cet aboutissement. C’est mon 4e meilleur résultat à vie en Coupe du Monde ! C’est un bon début pour 2019-2020 ! Bien entendu, j’aurais aimé que mes performances me mènent à mon objectif des 16 premiers concurrents qui m’aurait permis d’accéder aux finales. Toutefois, je suis tempéré par rapport à cette conclusion. Sachant que je gagne du momentum au fil de la saison, je suis excité de voir ce que me réservent les prochaines courses !  

Le lendemain, soit le 8 décembre 2019, je concourais pour une coupe du monde de type parallel slalom (PSL). Je garde un souvenir somme toute très ordinaire de cette première descente de qualification. La conséquence de cette situation fâcheuse s’avérait une plus grande prise de risque pour la seconde. Malheureusement, j’ai manqué une porte et fini 32e. C’est commun qu’une infortune semblable survienne, il n’empêche que j’ai été déçu d’être disqualifié de cette façon d’autant plus je n’aurai pas l’occasion de m’entraîner dans ce type d’épreuve jusqu’en janvier. Malgré l’amertume, j’ai attaqué la série de PGS avec une grande énergie. 

l’Italie : une piste désavantageuse 

Une semaine plus tard, soit le 14 décembre, je me rendais à la coupe du monde en PGS de Cortina. Je me dirigeais vers la piste avec une certaine appréhension. Je la connais et je sais qu’elle impose un désavantage majeur aux concurrents de mon gabarit. Le parcours se présente sous un long plat qui contribue à créer une vitesse de glisse plus élevée pour les poids lourds. Armé de ma passion et de ma détermination, j’ai tout de même décidé de l’attaquer ce qui m’a permis d’accéder à la 13e place de mon parcours.

Selon moi, c’est une victoire compte tenu de la piste. J’étais positionné 13e donc virtuellement environ au 26e rang. Encore une fois, pour ma deuxième descente, une grande prise de risques devait être envisagée si je voulais faire partie des finales. Mon approche s’est cependant révélée un peu trop directe sur deux ou trois portes et j’ai perdu un temps précieux qui m’a mené en définitive 28e.

Piste à Cortina d'Ampezzo en Italie

Une halte au Québec

Mon premier entraînement après Cortina ne s’est pas déroulé comme je l’espérais. Il ne s’en est fallu que d’une porte mal positionnée pour me fracturer la main. La part rigide de cette espiègle, qui se montre habituelleSébastien Beaulieument ensevelie, émergeait de la neige. D’ordinaire, ce n’est pas exposé et ce que l’on heurte est pliable. Comme la porte était partiellement sortie et en angle, je l’ai frappée un peu avec ma planche. J’ai toute de suite perdu de l’adhérence. Je me suis retrouvé face première dans la neige et les deux bras sur le côté pour me protéger. De cette façon, ma main a percuté la porte et, plus spécifiquement, son 5e métacarpien.

Cette cassure est communément appelée la fracture du boxeur. Je m’étais déjà brisé la paume de cette même main en vélo de montagne à l’été 2019 et je n’avais pas eu de problème. En revanche, cette blessure-ci nécessitait une intervention d’urgence. Survenue le 16 décembre, elle a mis un terme à mes activités. J’ai dû retourner au Québec le 17 décembre pour me faire opérer. J’ai manqué des occasions de participer à certaines coupes du monde pour lesquelles je me préparais, comme le PGS du 19 décembre à Carezza en Italie qui fut finalement annulé après les qualifications.

Sébastien Beaulieu blessure à la main

Je ne cache pas qu’une certaine frustration s’est créée par rapport à cette situation. Je pense surtout à la perte incontournable de mon rythme et au retard qui en résulterait. En même temps, cette pause forcée s’est montrée bénéfique. C’était la première fois en 10 ans que je fêtais mon anniversaire chez moi avec mon entourage proche. Faire des activités hivernales dans la cour arrière du Mont Sainte-Anne et passer plus de temps avec ma famille a été un baume qui m’a seulement permis de mieux repartir!

Merci 2019!

Malgré son lot de blessures, cette année m’a réjoui sur plusieurs plans. Le succès qui me remplit le plus de fierté,  c’est la coupe du monde à Scuol le 9 mars 2019, en Suisse, où j’ai terminé 7e. C’est mon meilleur résultat à vie : une 7e place qualifiée, amplement méritée. À l’occasion de cette course en particulier, la pression de performance était très élevée. Je devais absolument atteindre un top tiers comme critère minimum pour conserver mon statut d’athlète breveté par rapport au gouvernement et ainsi continuer de recevoir mes allocations. Il me restait seulement deux épreuves et il fallait que je score fort…Ce que j’ai réussi à faire ! Sinon, une grande reconnaissance me gagne lorsque je songe à ma 5e position en coupe d’Europe ou encore à ma victoire aux championnats canadiens en PGS.

2020 : de retour en piste !

Le 8 janvier 2020, l’Europe a vu le retour d’un Sébastien chargé à bloc. Je savais que plusieurs défis m’attendaient en lien avec les récents événements. Je revenais de ma convalescence de deux semaines alors que le reste de l’équipe et les autres avaient conservé leur bulle pendant ce temps. C’était donc impératif que je retrouve rapidement mon élan, de bonnes sensations sur la planche et mes réflexes de vitesse.

Compte tenu de l’enchaînement successif de compétitions à venir et de la rareté des occasions de s’entraîner, le temps était compté. Dans les prochains jours en effet, je devais participer à un PGS à Scuol, en Suisse, le 11 janvier. Par la suite, un PSL m’attendait le 14 à Bad Gastein, en Autriche : dernière expérience qui, on le rappelle, remonte au 8 décembre en Russie. Ensuite, je devais me rendre en Slovénie pour une Coupe du Monde de PGS le 18 janvier. Bref, les dates s’enchaînent rapidement et je dois retrouver ma vitesse de course le plus tôt possible. 

Suisse : une vraie patinoire 

Cette Coupe du Monde de PGS à Scuol en Suisse s’est avérée pour le moins… spéciale! Ils ont éjecté la piste, c’est-à-dire qu’ils ont mis de l’eau dans la neige pour que la surface durcisse. Par contre, dans ce type d’opération, si tu manques ton coup, ça peut devenir extrêmement glissant. C’est ce qui est Sébastien Beaulieu en Suissearrivé! À la hauteur de deux ou trois portes, c’était vraiment difficile de garder l’adhérence de la planche et le spectre de ma blessure n’a pas aidé. Je n’ai pas pu achever ma descente.

Ainsi, je figure parmi les multiples disqualifiés. Le nombre hallucinant de ceux qui se sont avérés dans la même situation que moi ou qui ne sont pas parvenus à terminer s’érige à 13. Je ne l’ai jamais vu si élevé! Sans compter les bonnes erreurs exécutées par de gros noms du snowboard qui ont été propulsés en fin de peloton. Donc, c’était une course assez bizarre où il y a eu beaucoup de chutes. Disons que plusieurs de ceux qui ont réussi à tenir debout ont réalisé leur meilleur résultat à vie!

La suite pour moi

Avec tous ces événements, je n’ai pas eu le temps de vraiment m’entraîner pour le PSL du 14 janvier à Bad Gastein en Autriche. La dernière fois que j’avais participé à ce type d’épreuve, c’était le 8 décembre et des retards se sont accumulés depuis avec mon retour et mon opération à la main. En revanche, j’apprécie beaucoup cette Coupe du Monde dont c’est l’anniversaire de 20 ans cette année. Elle revient chaque année sur le circuit et, comme mes congénères, je la connais bien. J’avais pour objectif de tout donner pour obtenir un rang parmi les 16 premiers. Malencontreusement, pareil à la situation de Scuol, ma blessure m’a plus ennuyé que je ne l’aurais cru et je n’ai pas terminé ma descente. 

Sébastien Beaulieu à Bad GasteinMa dernière course était située à Rogla en Slovénie. En début de parcours, la piste offrait un plat… excessivement plat. Pour m’assurer une performance payante, je me devais de me surpasser dès le départ, mais avec ma main, ça n’a pas été possible. J’ai finalement pris le 41e rang au classement ce qui est loin de me satisfaire, mais c’est un pas dans la bonne direction! Depuis, j’ai commencé à m’entraîner, et ce, sans protection depuis lundi! Chaque jour, je progresse un peu plus à mon grand contentement.

Prochainement, je dois dire que la piste qui retient le plus mon attention en 2020 se révèle celle qui m’attend à Piacavallo en Italie, le 25 janvier. Mon entraîneur montera le parcours et c’est une première en carrière pour moi. Je suis excité de participer à cette course compte tenu de ce léger avantage! 

Mes résolutions pour 2020? 

  1. Éviter les blessures, naturellement ! 
  2. Migrer du top 8 au top 4. 
  3. Tant qu’à y être, un podium! Pourquoi pas?

Sébastien Beaulieu à San Vigilio