Sébastien Beaulieu - Bad Gastein, Autriche 2017

Un pas de plus vers les Jeux Olympiques 2018 de Pyeongchang

Après avoir connu un excellent camp d’entraînement au Yukon et avec l’arrivée de notre nouvel entraîneur, j’étais fin prêt pour le début de la saison 2016-2017!

Avant les Fêtes, je me suis envolé vers Hochfügen en Allemagne, où j’ai pris part à la Coupe d’Europe en slalom géant parallèle (PGS). Malheureusement, je n’ai pas connu les résultats espérés puisque j’ai été disqualifié lors des deux journées de compétition. Mon séjour en Italie a été tout le contraire alors que j’ai terminé au 27e rang en PGS à la Coupe du monde de Carreza et j’ai obtenu mon meilleur résultat en carrière en Coupe du monde – 21e position – à Cortina D’Ampezzo en slalom parallèle (PSL). Je suis ensuite revenu au Québec pendant les Fêtes avant de reprendre les compétitions au début du mois de janvier.

 

Sébastien Beaulieu - Centre de ski le Relais, QuébecPlus grande victoire en carrière devant famille et amis

La saison 2016-2017 est très importante pour ma carrière : c’est celle dont les résultats détermineront si je participerai aux Jeux Olympiques de Pyeongchang en 2018. Avant tout, je devais me qualifier pour les Championnats du monde à Sierra Nevada en Espagne en obtenant au moins un top 6 cette saison, soit aux compétitions Nor-Am de Québec ou du Colorado. Confiant de terminer parmi les 6 premières positions lors de l’une des deux compétitions de slalom parallèle qui se tenaient au Centre de ski le Relais à Québec, je n’avais pas prévu me rendre au Colorado pour obtenir mon laisser-passer pour les Championnats du monde. La première compétition avait lieu la journée de ma fête et il était très difficile pour moi de garder ma concentration, car tout le monde venait me voir pour me souhaiter un joyeux anniversaire. C’était un gros défi de rester dans ma bulle et j’ai finalement terminé au 8e rang. Je me suis toutefois repris le lendemain où j’ai réussi à remporter la première place et me qualifier pour les Championnats du monde de Sierra Nevada pour ainsi faire un pas de plus vers les prochains Jeux Olympiques d’hiver.

Cela faisait plusieurs années que je terminais premier lors des qualifications de cette compétition au Centre de ski le Relais, mais je n’arrivais jamais à remporter la première place en finale. Chaque fois je me disais que ce serait plaisant de gagner cette compétition devant ma famille et mon grand-père, qui demeure très près de cette station de ski. Cette année, il n’était pas présent la première journée des compétitions, mais le lendemain il y était et j’étais très fier de monter sur la plus haute marche du podium devant lui.

Il s’agissait de ma plus grande victoire jusqu’ici en carrière sur le circuit de la Fédération Internationale de ski (FIS) puisque j’y ai récolté un total de 240 points. Avant cette compétition, j’étais parvenu à récolter 216 points en terminant 3e lors d’une Coupe Nor-Am au Colorado en avril 2016.

 

Coupe du monde et Championnat national en Autriche

Sébastien Beaulieu - Bad Gastein, Autriche
Coupe du monde – Bad Gastein, Autriche

Quelques jours après mes compétitions à Québec, je suis retourné en Europe pour participer à la Coupe du monde de Bad Gastein et au Championnat national à Hochficht, en Autriche. Chaque année, les conditions ne sont pas très optimales à la Coupe du monde de Bad Gastein, mais ce sont des conditions que j’adore. On pourrait dire que cette Coupe du monde est ma préférée. Cette course en slalom parallèle est un défi en soi et plusieurs personnes ont de la difficulté à la faire. Malgré tout, j’y ai toujours bien performé dans le passé. Ça ne s’est toutefois pas très bien déroulé cette année puisque j’ai terminé en 44e position, ce qui m’a vraiment déçu.

Je me suis repris lors du Championnat national autrichien à Hochficht. Comme ce n’est qu’un Championnat national, le maximum de points pouvant être récoltés était très bas (290 points). Cette course avait tout de même d’excellents coureurs. D’ailleurs, si nous avions pris la moyenne des 5 meilleurs coureurs et qu’il ne s’agissait pas d’un Championnat national (avec un maximum de points), le nombre de points pouvant être récoltés aurait été énorme.

Pendant la première journée de compétition en slalom parallèle géant, j’ai réussi à finir la course au 7e rang, ce qui est un excellent résultat compte tenu de la qualité des coureurs présents. J’étais très content de ma performance, d’autant plus que les conditions étaient plutôt difficiles : il y avait beaucoup de neige qui tombait – ce n’était pas très bien entretenu – et il y avait du brouillard et des trous énormes partout. Je crois que si cela avait été une course d’une plus grande envergure, elle aurait probablement été annulée parce que les coureurs n’auraient pas voulu qu’une piste dans cet état détermine leur classement cette saison. Le lendemain, j’ai chuté pendant ma première descente en slalom parallèle. Je figurais au 32e rang avant ma deuxième descente et j’ai ouvert la machine pour finalement remonter jusqu’à la 19e position. Cependant, ce n’était malheureusement pas suffisant pour prendre part à la finale puisque je devais terminer parmi les 16 meilleurs.

 

Quelques embûches en Italie

À la Coupe d’Europe de Livigno en Italie, j’ai été disqualifié lors de la première journée en slalom géant parallèle. Le jour suivant, tout allait bien jusqu’au moment où j’ai fait la transition de mon virage talon à mon virage orteil et que ma main a frappé durement le sol. Cette compétition de slalom parallèle géant se déroulait le soir pour ne pas avoir à fermer de pistes pendant le jour. Normalement, la montagne est fermée en soirée alors ils avaient installé des lumières temporaires sur le bord de la piste pour nous permettre de faire la course.

Sébastien Beaulieu - Radiographie de l'épaule droite
Radiographie de mon épaule droite

Pour les compétitions en slalom parallèle géant, la piste est séparée en deux parcours : un à gauche et un à droite. Toutefois, le problème est que les lumières ne se trouvaient que d’un côté de la piste, soit du côté gauche. Elles n’éclairaient donc que très peu le parcours de droite, où je devais effectuer ma première descente ce soir-là. Lors de l’un de mes virages, je ne m’attendais pas du tout à ce que ma main frappe le sol, car on ne voyait vraiment pas bien sur le parcours de droite. C’est finalement mon épaule droite qui a encaissé le choc et je me suis retrouvé avec un ligament déchiré, une épaule disloquée et le Hill-Sachs fracturé. J’ai aussi eu des nerfs de maganés dans la main droite. Ça a pris environ deux semaines avant que mon annulaire et mon auriculaire recommencent à fonctionner correctement.

Au moment de l’impact, je n’ai pas chuté et j’ai continué ma course pendant environ 5 à 10 mètres jusqu’à ce que je me rende compte qu’il y avait quelque chose qui clochait avec mon épaule. Je me suis laissé tomber tranquillement sur le sol et j’ai immédiatement été pris de douleur. Puis, ils m’ont descendu sur une civière et transporté à l’hôpital de Livigno où j’ai reçu une dose de morphine afin qu’ils puissent remettre mon épaule à sa place. Ils m’ont annoncé que ma saison était terminée, que je devais subir une opération, et ensuite ils m’ont transféré en ambulance à Bormio pour passer des radiographies. Quand le médecin est venu me voir, il est resté seulement 5 minutes et m’a annoncé que je n’avais pas besoin d’opération et que je pourrais recommencer à faire du snowboard un mois plus tard. Comme je n’ai jamais vraiment écouté les conseils des médecins, j’ai décidé que j’allais tout de même participer à ma prochaine compétition, celle de Rogla en Slovénie. Trois jours plus tard, j’étais de retour sur la neige et ce, malgré la douleur. Même si j’étais limité physiquement et mentalement par l’instabilité, la fracture et la douleur dans mon épaule, j’étais très content de pouvoir continuer à compétitionner.

 

Un départ difficile à la Coupe du monde de Rogla

Seulement sept jours après avoir subi ma blessure à l’épaule, je prenais déjà part à une nouvelle compétition, qui se tenait à Rogla en Slovénie. En qualification, ma course s’est très bien déroulée à l’exception de mon départ et il s’agit d’un élément essentiel à Rogla. Puisque le sol est plat au début, il faut se donner un très bon élan pour obtenir un départ optimal et avec ma blessure, je n’étais pas en mesure d’y mettre toute ma force. J’ai fait mon possible, mais dès le début je savais que ma course était ralentie. D’ailleurs, je coursais avec Jasey-Jay Anderson lors de cette descente et en sortant il avait déjà une bonne distance d’avance : après trois virages, il avait un virage d’avance. Après le départ, j’ai réussi à conserver la même distance entre nous deux pour terminer au 34e rang, ce qui est mon meilleur résultat à vie à Rogla. Je n’ai jamais vraiment bien performé à cette compétition et c’est dommage parce que cette fois-ci j’avais connu une bonne descente, si on ne tient pas compte du départ.

 

Des conditions météorologiques en montagnes russes à Bansko

À ma première journée à la Coupe du monde de Bansko en Bulgarie, j’étais beaucoup moins craintif même si ma blessure me limitait, car les conditions étaient optimales et le parcours était très beau. Je suis parvenu à me classer en 23e position, ce qui est mon deuxième meilleur résultat en carrière en Coupe du monde et ce qui égale mon meilleur résultat en slalom géant parallèle. Mon record personnel en Coupe du monde était une 21e place, mais je l’avais réalisé en slalom parallèle. La température était complètement différente la deuxième journée de compétition, il avait neigé 15 cm pendant la nuit, il pleuvait, il y avait des trous dans la piste et du brouillard. Je déteste le brouillard! J’ai ce qu’on appelle « vertigo » : je perds le sens de l’équilibre et mes repères quand il y a du brouillard. Ça m’arrive généralement quand je suis en snowboard ou en mouvement très rapide. Avec les mauvaises conditions, le brouillard et ma fracture à l’épaule, j’ai terminé au 36e rang.

 

Un aperçu des Jeux Olympiques 2018 à Pyeongchang

Une semaine après la Coupe du monde de Bankso, je me rendais à Pyeongchang en Corée du Sud où auront lieu les Jeux Olympiques d’hiver en 2018. La compétition de slalom géant parallèle se tenait directement sur le site des Jeux Olympiques. Ce qui est particulier à Pyeongchang c’est qu’ils ont fabriqué ce qu’on appelle des « rollers », c’est-à-dire une sorte de bosse où, pendant une fraction de seconde, notre planche à neige quitte le sol. Il y a de nombreuses façons de prendre cette bosse et mon premier réflexe, lorsque j’y suis arrivé, a été d’utiliser mes bras pour retrouver mon équilibre. Ça m’a fait peur et j’ai eu un blocage mental à cause de mon épaule. Je n’ai finalement pas complété la course et j’ai été disqualifié.

 

Une opération à l’épaule nécessaire

En revenant au Québec, je suis allé à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus à Québec pour rencontrer le Dr. Lesieur pour obtenir un deuxième avis pour mon épaule. Il m’a annoncé que l’opération était inévitable et que je devais avoir un bankart arthroscopique le 19 avril, après la saison. Par la suite, j’ai rencontré des physiothérapeutes qui, normalement, ne conseilleraient à personne de continuer avec ce genre de blessure. Toutefois, ils savaient que je n’arrêterais pas et que je n’ai pas d’autres choix que de terminer la saison pour pouvoir me qualifier aux Jeux Olympiques : si j’arrête maintenant, je ne me qualifierai pas. Le risque vaut donc la peine d’être pris puisque l’une des peurs que j’avais au début était de chuter et de devoir me faire opérer, mais maintenant que je sais que je dois subir une opération à la fin de la saison, je n’ai plus cette crainte. Le pire qui pourrait arriver est que l’opération ait lieu plus tôt que prévu.

Ma prochaine compétition se tiendra à Kayseri en Turquie le 4 mars en slalom géant parallèle. Je participerai ensuite aux Championnats du monde à Sierra Nevada en Espagne, les 14 et 15 mars prochain, grâce à la première place que j’ai obtenu à Québec au début janvier. Les finales de cette compétition seront diffusées sur les ondes de TVA Sports et en ligne sur CBC. Puis, je terminerai mon périple en Europe en slalom parallèle à la Coupe du monde de Winterberg en Allemagne, le 19 mars.